Le manifeste
Pourquoi libre ! existe
Diplômé en 1997. Vingt-neuf ans dans la voiture. Trois statuts. Et une découverte que personne ne m'avait annoncée : le pire du métier ne se passe pas sur la route.
Salarié — les années où l'on n'existe pas
J'ai commencé salarié. J'aimais ce que j'aime encore : le déclic dans le regard d'un élève au premier créneau réussi, la fierté silencieuse le jour du permis. Mais autour, il y avait le planning subi, décidé par quelqu'un qui ne monte jamais dans la voiture. Les heures alignées sans répit parce qu'il « faut rentabiliser ». Et cette impression sourde de n'être qu'une ligne dans le tableau d'un autre.
Exploitant — les années où j'ai cessé d'enseigner
Alors j'ai ouvert. Mon nom sur la vitrine, mon agrément, mes moniteurs. Personne ne m'avait prévenu que je venais d'échanger le siège passager contre un bureau. Les charges qui tombent, que les élèves paient ou non. La trésorerie recomptée mentalement à 2 h du matin. Et la pire découverte : moi qui avais ouvert par amour d'enseigner, je n'enseignais plus. J'administrais. J'étais devenu, à mon tour, l'homme du tableau.
Indépendant — la liberté, et sa facture cachée
Alors j'ai tout simplifié. Mes élèves, ma voiture, mes horaires. La liberté — je l'ai physiquement sentie, comme on enlève un gilet trop serré. Puis j'ai lu la clause en petits caractères : l'indépendant hérite de toute la paperasse de l'exploitant. Sans bureau. Sans secrétaire. Sans personne.
Voici l'inventaire.
La préfecture. Ton autorisation d'enseigner, à renouveler, avec son dossier, ses pièces, ses délais. Un oubli, et ce n'est pas une amende : c'est ton droit de travailler qui s'éteint — toute une carrière suspendue à un récépissé.
L'URSSAF. Le taux que tu ne comprends jamais vraiment, la déclaration qui revient toujours trop vite. Combien mettre de côté — un tiers ? un quart ? Tu provisionnes au doigt mouillé, et chaque trimestre tu ouvres le montant appelé en retenant ton souffle.
Les impôts. L'année où ça a bien marché, tu le découvres… l'année suivante, quand le rattrapage tombe sur des mois qui, eux, ont moins bien marché. Tu croyais avoir gagné cet argent. Il était déjà à quelqu'un d'autre.
Les papiers en vrac. RC pro, attestation de vigilance, contrôle technique, diplôme, carte grise, contrats… La vérité de l'indépendant : la moitié en photos dans le téléphone, l'autre dans une pochette, quelque part. Et la veille d'un rendez-vous officiel, cette fouille paniquée que tu connais par cœur.
La peur des contrôles. Elle ne crie pas, elle chuchote. Chaque courrier à en-tête te fait le même pincement avant même de l'ouvrir. Tu n'as rien fait de mal — mais peux-tu le prouver, là, maintenant, pièces à l'appui ?
La voiture. Ton outil de travail unique. Chaque bruit suspect déclenche le même calcul mental : le garage, plus les leçons annulées, plus les élèves qu'il faut replacer. Une panne, ce n'est pas une réparation — c'est zéro revenu plus des frais, le même jour.
Les plannings. Une plateforme ici, une auto-école partenaire là, tes candidats libres au milieu. Des annulations tardives, des trous impossibles à combler, et toi qui ressaisis à la main, le soir, ce que trois systèmes savent déjà. Le Tetris permanent.
Les factures des plateformes. Pointer tes heures une à une pour vérifier qu'on ne t'a rien oublié. Trouver l'écart. Relancer. Attendre. Relancer encore — pour un argent que tu as déjà gagné.
Et la fin du mois. La question que tous les indépendants se posent et qu'aucun n'ose dire à voix haute : au final, il me reste combien ? Le chiffre d'affaires, tu le connais. Mais après l'URSSAF, les impôts, l'essence, l'assurance, la voiture ? Tu travailles cinquante heures par semaine sans savoir si tu gagnes ta vie.
Additionne tout ça. Ça ne fait pas dix problèmes — ça fait un seul état : le bourdonnement. Cette inquiétude de fond qui ne s'arrête jamais, qui est là pendant les leçons, là le dimanche, là en vacances. Elle ne te vole pas que tes soirées. Elle te vole ta tranquillité d'esprit.
Alors je l'ai construit
J'ai cherché l'outil qui éteindrait ce bourdonnement. Logiciels de comptables, applis de gérants de flotte, usines à gaz. Rien pour nous : un enseignant seul, entre deux leçons, le téléphone dans une main, les clés dans l'autre. Après vingt-neuf ans, j'ai arrêté d'attendre.
libre ! éteint l'inventaire, ligne par ligne :
- La préfecture ? Chaque échéance suivie, rappelée avant qu'il soit trop tard.
- L'URSSAF ? La provision calculée en temps réel, en euros — tu sais toujours combien mettre de côté.
- Les impôts ? Provisionnés pareil, à ton régime réel, pas au doigt mouillé.
- Les papiers ? Un coffre-fort : datés, classés, valides — et l'app te prévient avant l'expiration.
- Le contrôle ? Tout est prêt, daté, conforme. Quand ils veulent.
- La voiture ? Contrôle technique, assurance, entretien — suivis comme le reste.
- Les plannings ? Ils s'importent tout seuls — de la plateforme, ou d'une simple photo.
- Les factures ? Générées conformes, heures pointées automatiquement, plus rien à quémander.
- La fin du mois ? Le vrai chiffre — ce qui te reste, pas ce que tu encaisses — sous tes yeux, en permanence.
Un outil du métier, façonné par le métier
libre ! n'appartient pas à un fonds d'investissement, ni à une plateforme qui vit de nos commissions. C'est un outil du métier, construit dans le métier, pour le métier — et il grandit comme le métier l'exige.
Chaque moniteur qui le rejoint aujourd'hui n'installe pas une app : il entre dans l'atelier. Les premiers d'entre nous — les fondateurs — décident de ce qui se construit ensuite, remontent ce qui cloche, et voient leurs douleurs corrigées en jours, pas en trimestres. Quand une facture bloque, ce n'est pas un ticket dans une file : c'est un collègue qui répond.
Un jour, cette page dira « construit par la communauté ». Pour l'instant, elle dit mieux : venez la construire.
Je ne suis pas une startup qui a « identifié un marché ». J'enseigne encore, tous les jours. Cette app tourne sur mes leçons, mes factures, mes déclarations. Chaque écran existe parce qu'une douleur réelle l'a exigée — et quand quelque chose cloche, je suis le premier à le subir, et le premier à le corriger.
Je sais enfin ce que ça change : la journée close d'un geste, le compte qui tombe juste, le bourdonnement éteint.
Fin de la paperasserie. Et des inquiétudes.
— Yvan, enseignant de la conduite depuis 1997
— Yvan, enseignant de la conduite depuis 1997
La bêta fondateurs
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